La règle d’OR du dessin d’Observation

la règle d'or du dessin d'observation

Je vais partager avec vous une idée très puissante qui m’a libéré lorsque je galérais avec mes premiers croquis d’observation. Lorsque l’on commence à dessiner d’observation, nous tombons très souvent dans le piège du trop plein de détails. Nous nous attardons à dessiner tous les poils de notre chat en pensant que cela le rendra plus réaliste. Grosse erreur! Il faut à tout prix sortir de ce piège, car les détails nous empêchent d’avoir une bonne vue d’ensemble de notre dessin et nous finissons généralement avec un dessin bancal. C’est le fameux principe de la cerise sur le gâteau, nous la mettons à la fin car si nous la mettons trop tôt dans la recette, la pauvre cerise finira cuite et perdue au fin fond de la pâte à gâteau. Les détails, c’est la cerise.

Trop occupé à dessiner le nombre de fenêtres et les belles moulures du Palais du Luxembourg, j’ai tout simplement oublié mes bases de perspectives et dessiné un bassin d’eau qui déborde sur le bâtiment.

Lorsque l’on dessine d’observation, nous devons apprendre à regarder différemment, nous devons essayer de faire abstraction des détails. Pour les débutants et les plus expérimentés en la matière, je conseille donc d’avoir une approche du dessin beaucoup plus simple. Si vous dessinez quelqu’un dans la rue, partez de formes simples, ignorez les détails du costume, les muscles, les cheveux ou autres détails inutiles. A l’inverse, étudier la pose général, la gesture et décomposez-la en formes simples, pensez en terme de silhouette. C’est un paradoxe, mais nous devons tendre vers une certaine abstraction et penser à ce qui est le plus important. N’allez pas chercher combien de carreaux se trouvent sur cette chemise ni combien de cheveux il y a sur la tête de Mathieu. Allez chercher l’énergie dans la pose, allez chercher la vérité !

Perdant mon temps à dessiner toutes les touches du clavier et les boucles de cheveux de mes petits frères, je suis passé à coté de la vérité de l’évènement qui se passait devant moi.

Trouver la vérité

Dessinez des idées, pas des « choses« , des actions et pas des « poses », la gesture et non la structure anatomique, c’est en faisant cela que vous ferez naître l’émotion.

Un dessin bien construit doit avoir chaque partie bien placée et de façon harmonieuse, mais ce n’est pas ce que l’on voit lorsque l’on regarde un dessin. Ce que l’on doit voir, c’est l’émotion. Dans le dessin d’un homme affamé, vous devriez voir la peur, la faim et le désespoir en regardant le dessin. Et nous devrions même ressentir ces choses là, le dessin que nous regardons doit pouvoir faire naître une émotion chez celui qui le regarde. C’est l’objectif ultime vers lequel nous devons tendre en tant qu’artiste.

Évidemment, je ne dis pas que l’anatomie, la construction en volume, la perspective ne sont pas importantes, au contraire, elles sont tout autant fondamentales. Mais il ne faut jamais oublier qu’un dessin bien construit dans l’espace, anatomiquement juste et respectant les règles de perspectives peut être tout à fait froid et sans intérêt. En revanche, un croquis griffonné en quelques secondes d’un homme qui rit aux éclats peut être beaucoup plus réussi que le dessin parfaitement exact et réaliste du corps humain de votre livre de SVT. Autrement dit, cherchez l’émotion avant les proportions.

Une allumette a été brûlée vive !

allumettes

Il y a ce fameux exemple donné par Walt Stanchfield dans ses célèbres notes données aux animateurs Disney dans les années 90. Faites cette expérience : prenez une allumette et regardez-la. Si vous deviez dessiner une allumette brûlée, vous ne vous diriez pas « Ok, donc ça, c’est la structure d’une allumette, et… » Non, vous vous diriez ceci « C’est une allumette dont la structure a été brûlée et a twisté en une forme noire et agonisante. Si je ressens ce qui est arrivé à cette allumette comme si c’était arrivé à moi-même, alors voilà le sentiment que je dois retranscrire dans mon dessin, voilà l’émotion que je dois représenter. » Nous devons nous mettre dans un état émotionnel lié à ce que nous dessinons, sinon nous ne représenterons que des choses, peut-être anatomiquement et structurellement justes, mais froides et sans aucun intérêt artistique.

« Construire un personnage de façon à ce que sa pose exprime ce qu’est son âme. La Gesture est un mouvement non pas du corps mais de l’âme »

Leonard de Vinci (cité par Walt Stanchfield)

final

Quand je dessine dans le métro ou dans un parc, je ne réfléchis pas à l’emplacement de l’omoplate de la personne que je croque, ni aux muscles du trapèze qui s’enroulent autour de son cou. Je cherche à distiller mes impressions sur une feuille pour dire ma version de ce que j’ai vu en cette personne. Prendre une photo, c’est enregistrer les faits, dessiner c’est enregistrer la vérité. Alors ouvrez les yeux et allez chercher la vérité.

Recherches utilisées pour trouver cet article:

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  • Caroline 3 mai 2016, 16 04 29 05295

    Est-ce que tu t’es forcé à ne pas te concentrer sur les détails ou est-ce que c’est quelque chose qui est venu naturellement, à force de dessiner?

    Reply
    • Yo 3 mai 2016, 21 09 43 05435

      Salut Caroline,

      Il faut se forcer à ne pas regarder les détails, ce n’est pas naturel. Il faut aiguiser son regard, plisser les yeux est une bonne astuce pour voir flou, ne distinguer que des formes et ainsi éliminer les détails superflus! Apprendre à dessiner c’est apprendre à regarder. Voir le monde qui nous entoure d’une nouvelle façon. En revanche au bout d’un certain temps, à force d’analyser ce que tu vois, tu n’y penses plus et cela vient naturellement ! J’espère que cela répond à ta question ! =)

      Yo

      Reply
      • Caroline 7 mai 2016, 10 10 41 05415

        C’est très clair, merci pour ta réponse! :-)

        Reply

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